Bail commercial : les locataires peuvent demander la mensualisation des loyers !

La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a instauré plusieurs mesures relatives aux baux commerciaux afin de soutenir la trésorerie des commerçants et artisans.

Elle créée, en particulier, un droit des locataires à la mensualisation du loyer.

SBA Compta vous propose une synthèse des principales mesures.

Loyer commercial : un paiement mensuel possible

Les locataires de baux commerciaux peuvent désormais demander à payer mensuellement leur loyer.

Le local concerné doit être destiné à :

  • une activité de commerce de détail ou de gros,
  • ou à l’exercice de prestations de services à caractère commercial ou artisanal.

Pour que la demande soit recevable, aucun arriéré dans le paiement du loyer ou des charges ne doit exister. Dans ce cas, le propriétaire du local ne peut s’opposer à cette demande.

La mensualisation prend effet à l’échéance suivante.

Les baux en cours d’exécution au 26 mai 2026 sont concernés au même titre que les baux conclus ou renouvelés à compter de cette date.

Dépôt de garantie et bail commercial

Le dépôt de garantie dans le cadre d’un bail commercial est désormais plafonné à trois mois de loyer. Cette limite concerne les sommes versées à titre de dépôt de garantie mais également les autres sûretés ou garanties demandées au locataire pour assurer la bonne exécution du bail. Elle s’applique aux baux nouvellement conclus ou renouvelés.

En cas de vente du local, l’obligation de restituer le dépôt de garantie est désormais transférée au nouveau propriétaire.

Enfin, le dépôt de garantie doit être restitué dans un délai maximal de trois mois à compter de la remise des clés. Les baux en cours d’exécution au 26 mai 2026 sont concernés lorsque la remise des clés du local intervient après le 26 août 2026.

Encadrement de la révision du loyer

De nombreux baux intègrent une clause d’indexation des loyers. Afin de mieux encadrer ces clauses d’indexation, il est désormais possible d’intégrer une clause dont l’objet ou l’effet est « d’encadrer, dans les mêmes proportions, à la hausse et à la baisse, la variation annuelle de l’indice des loyers commerciaux prise en compte pour la révision du loyer ».

Cette possibilité concerne les baux conclus ou renouvelés à compter du 28 mai 2026.

Le conseil SBA Compta :

Les loyers du local professionnel représentent souvent l’une des charges fixes les plus lourdes à porter pour les entrepreneurs. Ils peuvent également fragiliser la trésorerie de l’entreprise.

Les mesures relatives aux baux commerciaux entérinées par la loi de simplification de la vie économique permettent de réduire la pression pour de nombreux locataires professionnels. La mensualisation des loyers en particulier peut permettre une réelle amélioration du cash-flow pour de nombreuses TPE et PME.

Changement de locaux, mensualisation du loyer, prise d’un nouveau bail… Votre expert-comptable SBA Compta vous accompagne dans toutes les étapes de votre vie professionnelle.

CONTACTEZ-NOUS  

Pour en savoir plus :

Loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique – Article 62

Lean management : un levier méconnu pour améliorer la performance financière de votre PME

La rentabilité d’une entreprise ne dépend pas uniquement de son chiffre d’affaires. Deux entreprises réalisant le même volume de ventes peuvent afficher des résultats très différents selon leur capacité à maîtriser leurs coûts et à optimiser leurs processus.

C’est précisément l’objectif du lean management : identifier et supprimer tout ce qui consomme du temps, de l’argent ou des ressources sans créer de valeur pour le client.

Longtemps réservé à l’industrie, le lean management s’applique aujourd’hui à tous les secteurs d’activité, y compris les PME de services, les commerces et les professions libérales.

Qu’est-ce que le lean management ?

Le lean management est une méthode d’organisation née au sein de Toyota après la Seconde Guerre mondiale. Développée dans le cadre du célèbre « Toyota Production System », elle visait à produire davantage de valeur avec moins de ressources en éliminant les activités inutiles et les sources de gaspillage.

Aujourd’hui, cette approche ne se limite plus à l’industrie automobile. Elle est utilisée dans de nombreux secteurs, y compris les PME de services, pour améliorer la performance opérationnelle, la rentabilité et la satisfaction client.

Concrètement, le lean management consiste à maximiser la valeur créée pour le client tout en réduisant les ressources nécessaires à cette création de valeur. Il s’agit de supprimer les tâches sans valeur ajoutée, réduire les pertes de temps, limiter les erreurs et fluidifier les processus internes.

L’objectif n’est pas de faire travailler davantage vos équipes, mais de mieux utiliser vos ressources existantes afin d’améliorer durablement l’efficacité de votre entreprise.

Les 7 gaspillages que le lean management vous aide à éliminer 

Le Lean Management repose sur une idée simple : toute activité qui consomme du temps, de l’argent ou des ressources sans créer de valeur pour le client doit être réduite ou supprimée.

Pour votre PME, ces gaspillages représentent souvent des coûts cachés importants qui dégradent la marge et mobilisent inutilement vos équipes.

1. La surproduction

Produire trop tôt, trop vite ou en quantité excessive génère des coûts inutiles.

Exemples :

  • préparer des rapports qui ne seront jamais consultés ;
  • lancer des campagnes marketing sans validation préalable des besoins ;
  • produire davantage que la demande réelle des clients.

La surproduction entraîne souvent d’autres gaspillages, notamment des stocks excessifs et des coûts de stockage.

2. Les temps d’attente

Chaque minute où une tâche reste bloquée représente une perte de productivité.

Exemples :

  • validation tardive d’un devis ;
  • attente d’une signature ou d’une autorisation ;
  • retard dans la transmission d’informations entre départements.

Ces délais ralentissent l’avancement de vos travaux et peuvent retarder la facturation ou la livraison des prestations.

3. Les transports inutiles

Les déplacements inutiles d’informations, de documents ou de marchandises augmentent les coûts sans apporter de valeur.

Exemples :

  • transfert répété de fichiers entre plusieurs outils ;
  • circulation excessive de documents papier ;
  • acheminement inutile de produits entre plusieurs sites.

La digitalisation et l’automatisation permettent souvent de réduire fortement ce type de gaspillages.

4. Les stocks excessifs

Des stocks trop importants immobilisent de la trésorerie et augmentent les risques de perte.

Exemples :

  • marchandises stockées pendant plusieurs mois ;
  • achats réalisés en quantité excessive ;
  • accumulation de dossiers ou de demandes en attente de traitement.

Au-delà du coût financier, des stocks excessifs peuvent masquer des problèmes d’organisation ou de prévision.

5. Les mouvements inutiles

Il s’agit des déplacements ou manipulations inutiles réalisés par les collaborateurs.

Exemples :

  • rechercher constamment des informations dispersées ;
  • multiplier les saisies dans différents logiciels ;
  • naviguer entre plusieurs outils pour accomplir une seule tâche.

Ces mouvements réduisent l’efficacité opérationnelle et augmentent le risque d’erreur.

6. Les défauts / les erreurs

Chaque erreur entraîne un coût supplémentaire : correction, reprise, contrôle ou insatisfaction client.

Exemples :

  • erreurs de facturation ;
  • données comptables incorrectes ;
  • commandes incomplètes ;
  • erreurs de saisie dans les logiciels de gestion.

Réduire les défauts améliore à la fois la rentabilité et la satisfaction client.

7. Le surtraitement

Le surtraitement consiste à réaliser davantage de travail que ce qui est réellement nécessaire pour répondre au besoin du client.

Exemples :

  • produire des reportings trop détaillés qui ne seront jamais exploités ;
  • multiplier les validations pour une opération simple ;
  • passer deux heures sur une présentation interne qui n’en nécessitait qu’une.

Ce gaspillage est particulièrement fréquent dans les fonctions administratives et de gestion où la recherche de perfection peut parfois prendre le pas sur l’efficacité.

Comment mettre en place le lean management dans une PME ?

Déployer le Lean Management dans votre PME ne nécessite pas de restructuration lourde. C’est une démarche pragmatique qui vous aide à convertir une meilleure organisation quotidienne en gains financiers réels. 

Voici les 4 étapes clés pour optimiser vos processus grâce à la méthode Lean

Étape 1 : cartographiez les processus (la chasse aux coûts cachés)

Cette étape consiste à analyser le parcours complet d’une tâche, du début à la fin, pour comprendre son fonctionnement réel. L’idée est de suivre précisément chaque étape de traitement d’un produit ou d’une information. 

L’outil de référence pour cette étape est la cartographie des flux de valeur (Value Stream Mapping ou VSM), qui consiste à représenter visuellement chaque étape d’un processus pour repérer en un coup d’œil où se situent les pertes de temps. 

  • L’exemple concret : analyser le circuit d’un devis, depuis la demande initiale du client jusqu’à l’émission de la facture finale.
  • L’objectif : repérer visuellement les étapes superflues, les validations redondantes ou les blocages qui ralentissent l’activité.

Étape 2 : mesurez les pertes 

Il s’agit ici de chiffrer le temps et les ressources gaspillés à cause des petits dysfonctionnements du quotidien. C’est ce que l’on appelle le coût de la non-qualité.

  • L’exemple concret : évaluer le temps que vos collaborateurs consacrent chaque semaine à chercher des documents éparpillés, à ressaisir des données ou à corriger des erreurs de facturation.
  • L’objectif : valoriser financièrement ces pertes de temps afin d’identifier les chantiers prioritaires. 

Étape 3 : définissez des indicateurs clés 

Pour piloter efficacement la démarche lean, vous devez choisir quelques chiffres simples et faciles à suivre au niveau de votre tableau de bord.

Un management visuel, par exemple un tableau de bord affiché et mis à jour régulièrement, permet à toute l’équipe de suivre ces indicateurs (KPI) sans avoir à ouvrir un logiciel complexe. 

  • L’exemple concret :
    • Le délai moyen de traitement d’une commande.
    • Le taux d’erreurs sur les factures émises.
  • L’objectif : mesurer objectivement les progrès réalisés et vérifier leur impact positif sur votre rentabilité et votre trésorerie.

Étape 4 : pratiquez le « Kaizen » (L’amélioration continue à faible coût)

Le lean management privilégie les actions concrètes et progressives aux restructurations lourdes et coûteuses. L’idée étant d’impliquer vos équipes pour trouver des solutions simples et rapides à mettre en œuvre.

Deux outils sont particulièrement adaptés aux PME : la méthode des 5S (Trier, Ranger, Nettoyer, Standardiser, Maintenir) qui structure le rangement et l’organisation de l’espace de travail (physique ou numérique), et le Kanban, un système de visualisation des tâches en cours, par exemple sous forme de tableau à colonnes, qui évite les oublis et les doublons. 

  • L’exemple concret : standardiser un modèle de document pour éviter les oublis, ou centraliser les informations sur un espace partagé unique pour supprimer les recherches inutiles.
  • L’objectif : obtenir des gains de productivité immédiats et pérennes, sans nécessiter de lourds investissements financiers.

Lean management et pilotage financier : un duo gagnant

Le lean management est souvent présenté comme une méthode d’organisation. Pourtant, un de ses intérêts principaux réside dans ses conséquences financières.

Chaque gaspillage supprimé améliore :

Pour cette raison, vous avez, en tant que dirigeant, tout intérêt à croiser les démarches d’amélioration continue avec un suivi régulier de vos indicateurs financiers.

Conclusion

Le lean management n’est pas réservé aux grandes entreprises industrielles. Pour une PME, il constitue un outil concret pour identifier les pertes invisibles qui diminuent la rentabilité.

Réduction des coûts cachés, amélioration des marges, optimisation de la trésorerie et meilleure allocation des ressources : les bénéfices dépassent largement la seule organisation du travail.

Chez SBA Compta, nous accompagnons votre PME dans le pilotage de vos indicateurs financiers, afin de transformer chaque démarche d’amélioration continue, lean ou non, en gains concrets sur votre performance et votre rentabilité.

 

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