[Interview] Startup à découvrir : Saudade de Paris

Chez SmallBusinessAct, nous pensons que les expériences sont faites pour être partagées. C’est pour cela que nous avons consacré une rubrique spéciale sur notre blog : « les entrepreneurs à découvrir». Nous y mettons en avant des entrepreneurs et des startups qui innovent et inspirent.

Si vous pensez, comme nous, que les mots « entreprendre, réussir, innover, audace, relever des défis, passion, visionnaire… » font partie de la même famille, alors continuez votre lecture et découvrez des expériences riches et motivantes.

Aujourd’hui, faites la connaissance de Jonathan Kirschstetter, co-fondateur de Saudade de Paris.

 

Parlez-nous un peu de vous, de votre parcours et de Saudade de Paris

Notre société s’appelle Saudade de Paris. C’est un projet qu’on a lancé à deux, mon associé Vilson Rocha et moi.

On a lancé l’activité en mai 2016.

L’entrepreneuriat, ce n’est pas quelque chose que nous avions vraiment en nous au départ. C’est quelque chose que nous avons dû apprendre à mettre à place, à mettre en œuvre.

Nous avions tous les deux orienté nos carrières dans le milieu de la mode, en tant que directeur artistique ou styliste.

C’est un concours de circonstance qui nous a fait nous lancer.  Ce que nous voulions, c’était proposer une nouvelle manière de consommer et remettre de la valeur dans le vêtement.

En effet, aujourd’hui, il y a beaucoup d’offres, on achète du vêtement assez facilement, car c’est un produit qui nous fait rêver et dont on a besoin tous les jours. Mais on ne sait pas vraiment ce qu’on consomme.

Notre idée, c’était de proposer un concept d’un vestiaire universel, qu’on réalise en demi-mesure à Paris, à travers des matières premières qu’on trouve localement.

Nous avons fait une recherche de fournisseurs de tissus et nous avons trouvé des hangars, à Paris ou en proche Banlieue, qui étaient remplis de fins de stock de tissus qui venait de grandes maisons françaises et internationales.

C’étaient des matières qui dormaient et étaient vouées à la destruction, auxquelles nous avons voulu redonner vie, pour les faire retourner dans leur cycle de vie naturelle.

Je suis designer de formation. J’ai travaillé pendant la première partie de ma carrière dans l’évènementiel, et je faisais de l’organisation de projets pour des lancements de produits pour des marques ou pour des évènements de particuliers.

Ensuite, j’ai changé d’axe, j’ai travaillé dans l’univers du sport.

J’étais designer puis directeur artistique dans une agence, donc j’ai pu travailler pour des marques qui allaient de Décathlon à Dior, sur des projets qui tournaient toujours autour du sport :  soit dessiner des collections de produits, ou aller dans la stratégie de marque, et faire de l’audit artistique de la marque.

 

Quelle est la valeur ajoutée de Saudade de Paris?

C’est de redonner de la valeur aux vêtements. Nos consommateurs viennent non pour acheter uniquement un vêtement, mais acheter un style de vie, un échange avec nous.

Nous leur offrons un peu de voyage dans leur quotidien.

[Interview] Startup à découvrir : Saudade de Paris

Pour entreprendre et réussir, quel serait le premier facteur de succès?

Tous ces éléments réunis ! Nous avons été confrontés à toutes ces étapes-là.

Nous sommes à la fois créateurs, fabricants, distributeurs, nous faisons la relation client et nous réalisons les fiches produits sur notre e-shop.

Aujourd’hui, nous sommes obligés de savoir tout faire. Impossible de négliger l’un des facteurs.
Nous devons être les plus performants sur chacun des axes pour pouvoir être vraiment à la hauteur et efficaces dans la gestion du temps.

C’est de la débrouillardise.

Aujourd’hui, nous avons mis tout en place nous-mêmes. Nous avons fait un bilan de nos compétences, pour voir là où nous étions bons et là où nous étions moins bons.

Puis nous avons essayé d’apprendre dans les domaines dans lesquels nous étions moins compétents, soit en observant nos concurrents, soit en se faisant aider dans cette démarche.

Avec mon associé, on s’est réparti les rôles. Lui s’occupe vraiment de la partie produit, mise au point, confection.

Moi je me concentre plus sur le quotidien : la comptabilité, la communication, l’entretien des réseaux sociaux, la visibilité de la marque.

Nos savoir-faire sont complémentaires et font que nous arrivons à tout appréhender en même temps.

Quel est le plus grand frein à votre croissance?

Je dirais que c’est la trésorerie qui est trop faible pour le moment, car nous venons de nous lancer. Nous avons eu beaucoup de dépenses dans l’aménagement du lieu, l’achat de machines, etc.

Cela a eu un grand impact sur notre trésorerie et cela nous freine dans la communication et le nombre de ventes que nous pouvons réaliser.

Aujourd’hui notre challenge, c’est de faire rentrer un maximum de clients dans la boutique.

Nous communiquons beaucoup sur les réseaux sociaux. Nous essayons aussi d’approcher la presse directement. Nous n’hésitons pas à inviter directement des gens, nous les incitons à venir découvrir la boutique et notre univers.

La plus grande difficulté c’est de garder la motivation. La vie d’un entrepreneur est un grand huit, tous les jours! Parfois on monte, parfois on descend.

Il faut savoir rester philosophe et prendre beaucoup de recul.

Le top 3 de vos plus grands challenges

Je dirais la gestion du temps, parce que même si on pense être efficace, la checklist s’allonge d’un instant à l’autre.

On a beau cocher tous les éléments qu’on a réalisé, il y a toujours quelque chose qui se rajoute. Ce n’est jamais terminé. Cela impacte la recherche de clients.

Ensuite je dirais, libérer de la visibilité pour des projets futurs.

On essaie d’écouter beaucoup de conseils, de prendre des avis à la fois de nos clients, mais aussi de personnes extérieures au projet et de faire une synthèse de tout ça, pour voir quelle serait la meilleure direction à prendre.

Comment conciliez-vous travail et vie privée?

C’est assez difficile, dans le sens où la vie professionnelle, lorsqu’on est au début d’un projet, est très chronophage et prend énormément de temps sur la vie en règle générale.

De plus, nous sommes en couple et lancés à deux dans cette aventure, c’est donc d’autant plus de risques et d’engagement.

Mais finalement, la seule chose vraiment difficile est d’arriver à s’octroyer juste un jour « off » dans la semaine.

Sinon le reste est assez simple, car notre projet nous ressemble. Nous y avons mis notre âme, donc nous arrivons à concilier les deux, car l’un sert l’autre, et les deux aspects professionnels et privés sont complémentaires.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaitent lancer leur start-up?

De s’entourer très tôt et très vite. En France, nous avons la chance d’avoir pas mal d’associations et d’organismes qui aident à la création d’entreprises. Il ne faut pas hésiter à très bien s’entourer, pour ne pas faire d’erreurs. Car le temps passe très vite et si on peut limiter ses erreurs, c’est un vrai plus.

Une citation ou un livre favori? Qu’écoutez-vous comme musique en ce moment ?

Une citation que j’aime bien, mais je ne sais pas de qui elle est : « fais de ta vie un rêve et de ce rêve une réalité ».

C’est un conseil que je donnerais à tous les entrepreneurs, il faut rêver, il faut avoir de l’ambition, il faut savoir pourquoi on se lance dans cette activité et c’est souvent le rêve qui fait cela, même quand on a une activité très mécanique, on veut apporter quelque chose de différent.

Et après, il faut faire en sorte que ce rêve devienne une réalité, c’est-à-dire se donner les moyens d’y arriver.

Nous écoutons beaucoup de Bossa Nova, à vrai dire. Comme notre projet touche au sentiment du Saudade, forcément la musique brésilienne et cap verdienne tourne beaucoup dans nos têtes.

Une expérience ou réussite à nous raconter?

Au départ de notre activité, nous avons été suivi par une association qui s’appelle Positive Planet, qui est une fondation internationale et qui, chaque année, récompense des projets à travers le monde pour leur portée positive dans l’économie.

Nous avons eu la chance de recevoir l’un de ses prix, ce qui a été une très belle expérience et une vraie reconnaissance de notre travail, alors que nous étions lancés depuis à peine une année.

Votre 11ème commandement serait?

“Ne lâche rien”.

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